Au commencement, il ne se trouvait rien.
Ce n'était même pas un désert
Même pas un terrain vague
C'était plus vague que cela
On aurait dit une nappe de brouillard
Une nappe de brouillard qui se serait posée sur la mer
La mer a durcit, le brouillard est parti
Et sur ces vagues ainsi figée on a bati
Un chateau, entouré d'une grille pour le protéger du monde
Une foule de gens se pressent chaque jour à sa porte
Certains sont admis à y entrer, d'autre non
On ne sait pas qui, on ne sait pas quand
On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment
On ne se pose pas la question, on attend
En buvant et en jouant aux cartes
En observant les gens
Ceux qui s'en vont, ceux qui partent
Parfois en chantant des chansons
En récitant des vers, en s'embrassant
En se droguant d'amour et de poésie
D'insipides saveurs, de pâles sucreries
Sous le regard des étoiles
Du soleil ou de la lune que les nuages voilent
Les yeux mouillés d'espoir fixés vers les hauteurs
Attendant que sur nous se pose le projecteur.



