J'avais promis de la poésie dans ce blog. Voici un poème que j'ai écris il y a des années, à Toulouse. Il inaugure la série de poèmes qui seront postés de temps à autre sur ce blog, et parmi lesquels se méleront poèmes anciens et poèmes récents.
Le soleil sous la mer.
Le soleil s'est noyé sous la mer,
De son perchoir céleste, quelqu'un l'a décroché.
Une main invisible a coupé les ficelles,
Fils d'or et brillants qui l'attachaient au ciel.
Et comme un grand corbeau dégoulinant sur terre,
En un flot d'encre noire, le ciel s'est déversé.
Le soleil est tombé, lumineuse descente,
Dans sa chute laissant la trace enflammée,
Tour de feu dans le ciel, Babel ressuscitée,
Et dans le sable blanc et fin s'est écrasé,
Astre encore bouillonnant dans l'eau fluorescente.
L'eau s'est changée en braise, les glaces ont fondu.
La mer est devenue un foyer de chaleur,
A peine refroidie par la rosée des pleurs,
Versés par les planètes, déchirées, abattues,
Regrettant leur seigneur, leur soleil, leur Dieu.
De cette même langueur les étoiles sont mortes.
Toutes ses larmes s'écoulent en une lave amère.
Fleuve de chardons ardents, brûlant et souterrain.
Longue traînée de cendre, cheminant sous la mer.
Tison dans le brasier traçant son labyrinthe,
Enflammant les poissons de sa mortelle étreinte.
Les rochers sous la mer sont des cratères fumants,
Tandis que la montagne dans le ciel se glace.
Et les grands arbres éclatent sous les foudres du vent.
Vision d'apocalypse, éléments renversés :
L'air devenu glace, l'eau une lave coulante.
La terre devenue nuit et la mer flamboyante.
